Badminton: la France confirme son intérêt pour ce sport après deux titres mondiaux

Porté par les sacres mondiaux d’Alex Lanier et du duo Gicquel-Delrue, le badminton français franchit un cap. Avec encore des failles à corriger.

Volant et raquette au bord du court
Image d'illustration. La France confirme son envol mondial. — ADN

En bref

  • Deux titres mondiaux pour la France en Inde
  • La fédération récolte 25 ans de travail
  • Le retard féminin reste le grand chantier

Les licenciés pourraient encore affluer dans les clubs de France après les titres mondiaux remportés dimanche 23 août 2026 en Inde. La fédération en comptait déjà 242 000 depuis le gain de 30 000 adhérents après les JO de Paris 2024, et l’ancien numéro un français Brice Leverdez prévoit « ça va faire exploser le nombre de licenciés ».

Des titres qui peuvent changer l’échelle du badminton

Le signal est fort. Alex Lanier, d’un côté, et la paire Thom GicquelDelphine Delrue, de l’autre, ont offert au badminton français un doublé mondial inédit.

Pour la discipline, l’enjeu dépasse le simple palmarès. Le nombre de pratiquants progresse déjà, mais Brice Leverdez pointe un frein très concret, le manque d’équipements. Selon lui, les clubs sont parfois contraints de refuser des adhérents faute d’installations suffisantes. Résultat, la dynamique sportive existe, mais elle bute encore sur le terrain.

Vingt-cinq ans de structuration enfin récompensés

Pour Franck Laurent, président de la FFBad, ces sacres récompensent plus de 25 ans de travail. Le dirigeant parle d’un accomplissement lié à une structuration installée progressivement.

Cette montée en puissance ne date pas d’hier. Dès les années 2000, les Écoles françaises de badminton ont servi à mieux détecter les profils, puis la décennie suivante a vu se multiplier les postes d’entraîneurs. Vers 2015, le modèle de haute performance a aussi été revu, avec l’arrivée de techniciens étrangers.

Une génération installée, et une autre qui pousse

Le directeur technique national Cyrille Gombrowicz relevait déjà, avant ces Mondiaux, l’accumulation des bons résultats français sur les derniers mois. Victoires sur le circuit, titres européens, finale mondiale par équipes, le décor était posé.

Aujourd’hui, Alex Lanier et les frères Popov placent la France à trois reprises dans le top 15 mondial. En double mixte, Thom Gicquel et Delphine Delrue occupent la cinquième place. La fédération s’est aussi appuyée sur Thierry Soler à la direction de la performance depuis 2022, ainsi que sur l’Espagnol Fernando Rivas, passé par le staff de Carolina Marin, avec un apport assumé de la data à la performance. Et derrière, les U19 français ont été sacrés champions d’Europe par équipes samedi.

Le point noir reste le badminton féminin

L’âge d’or avancé par Franck Laurent a quand même sa limite. Le président de la FFBad décrit le secteur féminin comme le gros point noir du badminton français.

Les causes sont connues. Les filles représentent seulement 36 à 37% des licenciés, et peu acceptent de sacrifier leurs études pour le sport de haut niveau, analyse-t-il. L’encadrement reflète aussi ce retard, avec 20% de dirigeantes et seulement 7% d’entraîneures. Des actions doivent être lancées à la rentrée, avec un plan de développement annoncé pour 2027.

La France, neuvième au classement mondial par équipes, vise désormais un statut de nation majeure. Elle n’y est pas encore, reconnaît Cyrille Gombrowicz. L’écart reste immense avec la Chine et ses 250 millions de pratiquants.

Jérôme Nelra

Spécialiste Sport

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